mars 2009

Les substances agissant sur le système endocrinien peuvent entraîner des troubles du développement ou de la fertilité, et provoquer des tumeurs. Elles disposent de nombreuses possibilités de pénétrer via l’air et l’eau dans l’environnement, qui favorisera ensuite leur enrichissement. Il est nécessaire d’assainir les stations d’épuration, mais des mesures aux sources des problèmes doivent aussi être prises.

Les perturbateurs endocriniens (produits chimiques analogues aux hormones) dérèglent le sys- tème endocrinien de l’Homme et de l’animal en imitant ou en bloquant les hormones naturelles. Ce faisant, ils peuvent provoquer des troubles du développement ou des tumeurs.

Effet additif

Les perturbateurs endocriniens ou les substances susceptibles d’avoir une activité endocrinienne sont présents dans de nombreux produits: sol- vants, agents ignifuges, médicaments, voire dans certains produits végétaux. On a aussi parlé des protections solaires avec des filtres UV contenant ces substances. Les oestrogènes, naturels ou artificiels, présents par exemple dans les pilules contraceptives, sont les substances à effet endo- crinien les plus présentes dans l’environnement.

Les perturbateurs endocriniens peuvent exercer une action même lorsque leur concentration est inférieure au seuil de toxicité classique. Les mélanges de ces substances ont un effet additif et peuvent déclencher des réactions même si les composants individuels comportent une concentration non active. Les perturbateurs endocriniens pénètrent dans l’environnement non seulement par l’air sur des particules de poussières, mais aussi par l’eau – ils se déposent dans les lacs, rivières ou boues d’épuration. Les conséquences à long terme sur les écosystèmes restent encore indéfinies.

Interdire, remplacer, ou diminuer les effets

Au vu du danger que présente cette situation, il est urgent d’agir. La science, l’industrie et l’administration s’accordent sur le fait que les perturbateurs endocriniens avérés ou potentiels doivent être remplacés par des substances présentant moins de risques. La possibilité d’une interdiction des agents ignifuges bromés devrait être examinée.

Il est essentiel d’introduire pour les cours d’eau un objectif de qualité en matière d’activité oestrogène. Les stations d’épuration devraient être aménagées avec les techniques actuelles afin de garantir le plus possible l’élimination de microimpuretés, dont font partie les précurseurs endocriniens, et une dilution maximale des eaux usées. D’autres mesures techniques telles que l’ozonation s’avèrent aussi essentielles. Il conviendra enfin d’envisager certaines mesures à la source: des systèmes alternatifs d’évacuation des eaux urbaines doivent empêcher la pénétration de ces polluants dans les stations d’épuration.